Avec les jeunes handicapés
Randonnée

Au fil des années, les randonnées d'enfants handicapés avec les hommes du secours en montagne sont devenues une tradition et les groupes les plus valides peuvent rassembler jusqu'à une soixantaine d'enfants. La première randonnée, avec une quinzaine d'enfants polyhandicapés, avait eu lieu le 16 mai 2001 au plateau de Gève (Vercors). Raymond Mollaret se souvient : "on avait poussé les fauteuils de ces enfants malchanceux sur quelques centaines de mètres, puis vint le moment du repas ou il fallut leur donner à manger à la cuillère () A l'issue de cette journée émouvante et éprouvante, je me posais bien des questions". Il consulte ses compagnons, "c'est bien, on continue", lui dit l'un d'eux..

"Au début, nous ne maâtrisions pas les codes pour comprendre les enfants et nous nous sommes interrogés sur l'intérêt de ces sorties", explique Bernard Hastey, membre du C.A. L'équipe éducative les rassure : "cela fait du bien aux enfants, les stimule, contribue à leur rendre un peu d'autonomie". L'activité est ouverte à des enfants souffrants de divers handicaps. Certains sont plus valides et peuvent faire des promenades comportant un dénivelé notable. L'encadrement est proche de celui adopté pour les groupes d'enfants valides (tête de colonne, serre-file, allure modérée) ; mais les jeunes handicapés sont plus fragiles, plus imprévisibles, moins réactifs. Il ne faut rien moins pour ces simples promenades que toute la vigilance de ces sauveteurs, habitués à la montagne et aux opérations de secours, appuyés ici encore par des moyens radios et un véhicule 4X4.

"Nous avons la chance d'avoir passé une grande partie de notre vie en montagne. Lorsqu'on a rencontré ces gamins éprouvés par le sort, nous avons eu un coup de coeur et nous avons décidé de mettre à leur disposition nos compétences et notre passion de la montagne", résume Raymond Mollaret. "Pour ces enfants, il y a maintenant deux fêtes ; celle de Noël et celle de la montagne", réagit de son côté Odile Buttin, directrice de l'I.M.E.P. du Pôle Enfance. "C'est une occasion pour eux de rompre avec leur quotidien", témoigne Gérard Krumb, qui accompagne ses fils.

Ski en fauteuil

Découvrir quelques une des sensations du ski, pour un enfant polyhandicapé, est une expérience rare. C'est un éducateur spécialisé qui a suggéré à la S.D.S.M. d'organiser des sorties à ski-fauteuil.

"La montagne, c'est notre vie. Des traâneaux, on en a tiré pendant notre carrière. Avec l'âge, c'est un peu plus dur, mais nous sommes encore vert", réagit Pierre Carry, un guide retraité de la C.R.S. Alpes. La chose allait donc de soi. Mais ces sorties demandent une lourde logistique, en matériel et en hommes. Il faut transférer les enfants de leur chaise roulante à l'appareil ; placer ce dernier sur le télésiège, l'accompagner puis le descendre. Il faut un guide expérimenté pour faire la descente à ski en conduisant l'appareil et aussi une personne pour surveiller l'enfant, s'assurer qu'il n'a pas froid, lui remettre de la crème solaire, etc.. La complicité du personnel des remontées mécaniques est indispensable.

La station de ski de Corrençon (Vercors) a accepté de jouer le jeu. La sortie ne concerne que trois enfants à chaque fois. La récompense ? Quelques cris, une esquisse de sourire ou une lueur rapide dans les yeux des enfants, après quelques courbes élégantes ou un petit schuss. "La vitesse, l'air vif, les embruns neigeux font réagir les enfants et stimulent leurs sens", expliquent notamment les éducateurs. Et les sorties se sont multipliées Elles sont aujourd'hui très prisées.

Spéléologie

Exploitant toutes les facettes de ses compétences, la S.D.S.M. offre aux enfants handicapés de découvrir le monde souterrain. C'est Philippe Charreton, breveté de spéléologie, en activité à la C.R.S. des Alpes, qui mène le bal. D'année en année, les enfants et leurs éducateurs, encadrés par les hommes du secours, explorent des cavités ou la progression ne pose pas de problème technique, mais dont les galeries réservent le lot habituel d'étroitures, de montées et de descentes, obligeant à des contorsions et à un peu d'escalade.

C'est pour les enfants la découverte de la nuit absolue et d'un milieux humide et mystérieux. Un enfant prend peur, on l'évacue immédiatement. Les autres restent, se détendent peu à peu, prennent de l'assurance, un rire fuse parfois et le parcours se termine dans la bonne humeur. On se promet de revenir et l'on revient. La première sortie a eu lieu à la "Grotte Roche" dans les gorges de la Bourne. La plus récente s'est déroulée dans la grotte de Pralétang, dans la fôret des Coulmes, près de Presles. Une cavité sèche dans laquelle on peut voir des chauves-souris, brrrr !

Via ferrata

Via ferrata, via cordata et terrains d'aventure, ces promenades verticales, offrant quelques unes des sensations de l'escalade, sont très prisées des enfants. La discipline requiert naturellement un certain niveau d'autonomie chez ces enfants handicapés. Chacun d'entre eux est encordé et guidé par un adulte expérimenté.

Rappelons que la S.D.S.M. a l'agrément "sports" du ministère de la Jeunesse et des sports et que ses membres retraités de la C.R.S. Alpes, du P.G.H.M. (Peloton de gendarmerie de haute-montagne) et de la base hélicoptère, ainsi que du S.A.M.U., sont tous titulaires de l'Insigne fédéral de secours en montagne. Il faut en effet beaucoup de compétence technique pour proposer cette fête des sensations nouvelles (et parfois un peu violentes) à des enfants handicapés. Après un tronc commun facile et permettant une évacuation rapide, le parcours est poursuivi en fonction des possibilités physiques de chaque enfant.

La pratique de la via ferrata comme celle de la via cordata - requiert l'usage de longes et de mousquetons. Il s'agit dans le premier cas d'une progression sur la roche, équipée de marches, échelles et mains courantes et sécurisée par un câble et dans le second d'une progression d'arbre en arbre, par le biais de multiples sortes de ponts suspendus, de tyroliennes, voire de cordes libres permettant de penduler. Nombre d'enfants s'enhardissent rapidement et parviennent à faire les parcours les plus difficiles imaginés pour le groupe.


Accrobranche

Version sylvestre de la via ferrata, d'arbre en arbre, l'accrobranche est plus tourné vers le mythe de Tarzan que vers l'escalade.
Tyroliennes, ponts suspendus, échelles fixes ou de corde, filets, traversée sur corde tendue ou corde double, assurent un progression ludique. Il y a la présence du vide, mais la sécurisation est maximale.

Grands et petits, après avoir surmonté leur appréhension, s'amusent beaucoup. L'aventure a été tentée par la S.D.S.M. en 2011 au Sappey avec les enfants handicapés et elle a été couronnée de succès. Les enfants comme leur encadrement se sont bien divertis, ainsi d'ailleurs que les membres de la S.D.S.M. qui ont effectué l'accompagnement.


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