Ancien Président de notre Association, membre actif "vétéran", René GLENAT est décédé le 20 juillet 2012, des suites d'une hémorragie cérébrale, à l'age de 91 ans. Son corps a été inhumé le 25 juillet dans le caveau familial au cimetière de Saint Ismier

Hommage de René PETELAZ à René GLENAT
"En 1945, la guerre terminée, le commissaire général de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne, en manque de sauveteurs, me contacta pour descendre 7 corps d'aviateurs américains accidentés à l'Obiou. Je participais à l'expédition, trop heureux de rencontrer de groume, bien connu, de montagnards chevronnés.
J'adhérais ensuite à l'association et fis connaissance de René Glénat dont il était un des membres.

Dis années plus tard les temps avaient bien changé. Le nombre des accidents de montagne s'accroissait rapidement. Le drame de Vincendon et Henri au Mont Blanc créa un malaise général. Notre président Félix Germain prit la tête d'une croisade qui aboutit à l'instruction ministérielle de 1958 confiant l'organisation des secours en montagne aux services de la Sécurité Civile sous l'autorité du Préfet.
Notre Société Dauphinoise de Secours en Montagne n'avait donc plus d'objet et cessait ses activités.
Dans les longues années qui suivirent, René Glénat prit le temps d'écrire sa magnifique histoire de "L'aventure de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne" sortie en 1997, une sorte de bible des sauveteurs montagnards ou il y avait tant de souvenirs d'amitié, de solidarité et de dévouement.
A la parution de ce livre un magnifique projet donna un prolongement au récit de René.
Voici ce qu'il a écrit lui-même :
"Tout récemment un grand et généreux projet fut exprimé par le commandant Raymond Mollaret de la C.R.S. des Alpes : regrouper dans une association commune tous les sauveteurs issus de la loi de 1958 (C.R.S., P.G.H.M., Sécurité Civile), dont un certain nombre de guides de haute montagne retraités, en vue de mettre à la disposition bénévole de manifestations montagnardes, leurs éminentes capacités techniques et morales. C'est dans une telle perspective qu'un dernier "carré des braves", une vingtaine de vétérans de la mythique SDSM ont décidé sa renaissance dans le cadre de la loi associative de 1901 lors d'une Assemblée Générale en 2002, la sortant ainsi de "l'hibernation" ou l'avait placé Félix Germain en 1975. Avec, bien entendu, de nouveaux statuts et objectifs.
Parmi ceux-ci, le plus significatif et le plus porteur est l'assistance à de jeunes handicapés au cours de sortie en montagne"
Avec enthousiasme René se mit à la recherche des derniers survivants de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne, mise en hibernation mais non dissoute, qui étaient les héritiers du sigle S.D.S.M.
La nouvelle association dont René a été le premier président fonctionne et progresse depuis 10 ans en trouvant de nouveaux adhérents et en multipliant ses actions en faveur des handicapés.

Aujourd'hui, un homme d'action nous a quittés.
Les anciens, dont je suis, ainsi que les nouveaux membres de l'association le regretteront, mais l'Å“uvre de René Glénat continue car il y aura toujours des sauveteurs parmi les hommes"

HOMMAGE A RENE GLENAT (Texte lu par Bernard HASTEY lors de la cérémonie des obsèques)
"La richesse de l'itinéraire suivi par René Glénat pendant 90 ans trouve probablement des explications dans ses racines alpines et familiales qui l'ont profondément motivée.
René Glénat passe son enfance sur les pentes du Vercors. Ce massif préalpin, d'altitude modeste mais au climat particulièrement rude, lui donne certainement le goût de la montagne, activité qui devient pour lui une véritable passion. Alpiniste, grimpeur et skieur de bon niveau, il gravit un grand nombre des hautes cimes des massifs régionaux. Instructeur breveté par l'E.N.S.A. de Chamonix, il encadre des collectives de montagne et ski à la Société des Touristes du Dauphiné, association ou il est secrétaire général pendant de longues années Il est aussi un des fidèles membres du Club Alpin Français.
Du montagnard, il en a toutes les facettes et notamment les qualités humaines qui le poussent à se porter au secours de ses semblables. Il entre dans la prestigieuse Société Dauphinoise de Secours en Montagne (S.D.S.M.), que préside alors Félix Germain et participe ainsi aux interventions délicates du Pavé de l'Olan et de l'Obiou, sauvetages qui font désormais référence dans les annales du secours en montagne. Il rend un vibrant hommage à ses compagnons bénévoles en retraçant leurs exploits dans un ouvrage : L'aventure de la société Dauphinoise de Secours en Montagne.
Sur le plan militaire, René Glénat est aussi particulièrement actif. Son père, plusieurs fois blessé, gazé et son oncle mort au combat à Verdun, s'étant particulièrement distingué pendant la Grande guerre, il ne peut subir l'occupation allemande et s'engage dans la résistance en 1943. Au cours d'une de ses missions, un été 1944, la Gestapo l'intercepte. Il est emprisonné mais échappe par miracle au peloton d'exécution. En tant que sous-lieutenant, il poursuit son service national jusqu'en octobre 1945 puis, comme officier de réserve, participe régulièrement aux activités de formation reconnue par une nomination au grade d'Ingénieur en chef des études et techniques d'armement.
Né de parents instituteurs, René Glénat, doué pour la pédagogie, oriente naturellement sa carrière professionnelle vers l'enseignement. Pour ce faire, il obtient l'un des plus hauts diplômes scientifiques, celui de Docteur es Sciences Physiques sous la présidence de Louis Néel, prix Nobel. Doté d'un bagage intellectuel peu commun, il transmet son savoir pendant plusieurs décennies aux étudiants des trois cycles et exerce de multiples et lourdes responsabilités universitaires à Grenoble.
Tout en regardant l'avenir, s'engageant résolument dans le présent, il n'en oublie pas le passé. Il s'intéresse à l'histoire, notamment celle des familles. Par exemple, il a remonté les générations des guides paysans de l'Oisans, consignant ce travail dans un ouvrage et traduisant ainsi deux passions, celle de la généalogie et celle de la montagne.
Avec son épouse Colette, René Glénat a eu cinq enfants. Mais les épreuves de la vie ne l'épargne pas puisqu'il perd l'aâné d'entre eux à seize ans, au terme de six longues années d'handicap lourd, consécutif à une méningite foudroyante.
Jusqu'au terme d'une vie particulièrement active, largement tournée vers le service aux autres, René Glénat, homme de conviction, toujours disponible, a Å“uvré bénévolement avec beaucoup d'humilité et de générosité"