Par Marc LAFOND

Ce 22 juin 2013, ils sont tous là, les parents, les amis, les proches, tous corps confondus pour honorer Alain FRANJOU et Didier ESPERON, espèces en voie d'extinction tels d'anciens "dinosaures" qui font valoir leur droit à retraite.

Après avoir été copieusement enfariné et rincé à la lance à incendie lors de leur dernier vol selon la tradition, aujourd'hui c'est dans l'humour et la dérision que leur Chef de Base Renaud relate leurs carrières bien remplies.

Pour Alain issu de l'A.L.A.T., passage en Gendarmerie puis enfin la Sécurité Civile, c'est près de 10 000 heures de vol à son palmarès avec un seul objectif secourir même dans les conditions les plus extrêmes. Un tel désir de bien faire entraine stress et tension communicatifs. En dehors du travail sensibilité et convivialité sont ses moteurs de fonctionnement. Alain a de multiples aptitudes, capable de bâtir des maisons aussi bien que de faire de la mécanique ! C'est une figure qui va manquer à la Base !

Pour Didier, que j'ai eu le privilège d'accueillir, c'est un vol en hélico en tant que passager qui lui a donné envie de faire ce métier.
Issu de l'Aéronavale, passage en Gendarmerie puis enfin la Sécurité Civile c'est près de 8 000 heures de vol, quelques 5 000 treuillages souvent dans des conditions difficiles surtout depuis l'affectation de l'EC 145ou le Mécano se trouve en équilibre sur le patin de la machine, le nez dans le vent position certes exaltante mais fort peu confortable.
Si la carrière des 2 hommes se côtoie de curieuse façon, en revanche les tempéraments sont complètements différents. Didier en homme du Sud est toujours souriant, de bonne humeur quel que soit le lieu et la circonstance, citant Confucius dans la galéjade. Alain est d'apparence plus réservé mais cette discrétion cache en réalité une grande sensibilité alliée à une grande générosité.

Ces deux amis si différents étaient unis par la passion commune, celle qui nous a tous dévorés dans les grandes circonstances et qui déplace encore des foules dans toute la France à l'occasion des meetings des fêtes aériennes ou des départs en retraite.
La troisième dimension et ce goût de liberté totale que St Exupéry a si bien décrits dans son Å“uvre n'ont pas fini de fasciner les hommes.

Bricolages et pêches pour le premier, chasses et champignons pour le second, futures occupations de nos copains dans les cinquante années qui viennent, permettront à ces hommes de caractère de soulager l'angoisse de leurs Pénélopes d'épouses.

La fête a duré tard dans la nuit, dans la bonne humeur au son de la techno en hommage à cet équipage de grande valeur et à ses qualités humaines reconnues et oh combien appréciées.

Bonne retraite Alain ! Bonne retraite Didier !

Lire l'article du Dauphiné Libéré