Ce mardi 23 septembre, trente six enfants et quatorze éducateurs quittent leurs établissements respectifs en début de matinée pour rejoindre ce fond de vallée bien connu des montagnards. Les conditions sont exceptionnelles, le soleil radieux, la température clémente, pas de vent, tout se prête à un pique-nique sympathique au bord du Vénéon et de ses eaux tumultueuses.

Quelques rappels de règles de sécurité, vérifications des équipements, et, sous la conduite de Gérard, notre guide du jour, la joyeuse troupe s'engage sur le sentier du Carrelet en vue d'atteindre le refuge du même nom. Ce sentier est un des plus accessibles du secteur. Bien tracé, peu pentu, il se prête fort bien à cette première approche de la montagne. Presque deux heures d'effort et le refuge apparaât planté au milieu d'une petite plaine entourée de hautes montagnes. D'autres sentiers continuent plus loin, mais il nous faut redescendre.

L'installation dans le refuge de La Bérarde se passe rapidement, bien préparée en amont par les éducateurs en fonction notamment des pathologies des enfants. Tout le monde se retrouve au moment du pot d'honneur organisé à l'extérieur sur le terre-plein du refuge. A cette altitude, lorsque le soir descend, la température se rafraâchit et l'ensemble retrouve vite la quiétude du refuge pour une bonne soupe de légumes bien chaude.

Le lendemain matin, au moment du départ de la randonnée, le bruit de l'hélicoptère du Secours en Montagne en opération sur les contreforts du Soreiller nous rappelle que si la montagne est belle, elle est aussi dangereuse.

Les conditions météo sont moins bonnes mais satisfaisantes pour envisager la montée plus ambitieuse au refuge du Chatelleret. Les premiers lacets, un peu raides, sont durs à passer mais, plus haut, le sentier s'allonge en faux-plat dans la vallée des Etançons. C'est ici le royaume des chamois et des marmottes. Certains spécimens veulent d'ailleurs bien se montrer et ravissent les gamins. Les nuages deviennent plus nombreux. Le refuge n'est pas loin mais il est plus sage de faire demi-tour. Une petite collation, quelques gorgées d'eau, un dernier regard aux parois de la Meije, du Rateau, et, par le même chemin, la descente sur La Bérarde.

Après les expériences passées du refuge de l'Etendart, de Chamrousse, du Désert d'Entremont, de Villar d'Arène, nous savons que cette "nuit en refuge" représente un moment fort pour ces enfants et leurs éducateurs qui vivent et partagent ensemble une expérience rare. De l'effort, de l'estime de soi, de la convivialité, du lien social dans un site exceptionnel !

Cette année, la "cerise sur le gâteau" est l'expérimentation d'une joëlette à assistance électrique récemment mise à disposition de l'I.M.E. de Vinay. Forts de l'expérience harassante de l'an passé dans la montée au refuge de Villar d'Arène, les adultes sont impatients de tester ce nouvel équipement et de comparer les deux appareils. Il n'y a pas photo ! clament les éducateurs même si la tâche n'a pas été facile dans certains passages du Carrelet et plus encore dans les premiers lacets d'accès au Chatelleret. Samia, jeune fille de 87 kgs, passagère de la joëlette, est ravie de découvrir des paysages qui lui sont jusque-là interdits d'accès !

Il y a lieu de souligner le professionnalisme, la motivation des éducateurs qui se sont relayés avec entrain pour tirer la joëlette formant un attelage rarement vu, celui du cÅ“ur et de la solidarité ! Quelle belle image ! Bravo et merci à vous Jean-Yves, Jean-Jacques, Mathieu, Fabrice, Bruno. Vous méritez une mention particulière : vous êtes supers ! Votre comportement honore vraiment votre profession !

Même si une petite pluie s'invite pour le dernier pique-nique à La Bérarde, les gamins sont contents et les adultes aussi.
Souhaitons un prompt rétablissement à la volontaire Mégane, victime d'une légère entorse dès le premier jour.

Lire l'article du D.L.