Cette belle journée « spéléo » presque hivernale commence par le regroupement des 9 enfants et 8 adultes à St JULIEN en Vercors, dans ce village typique quasiment désert à cette saison où généralement nous ne faisons que passer. Une des curiosités de ce village est de repérer derrière la petite église une belle concrétion apportée de la « Barme Chinelle », grotte discrète répertoriée à l’ouest du village, objectif de notre journée.
Nous remontons dans les véhicules pour rejoindre à 2 kms le Centre de Vacances de « la Matrassière ». La grande table disposée sur la terrasse en plein soleil invite à prendre des forces avant de s’équiper « spéléo » : combinaison, casque, éclairage…
« Pédibus–jambus », la joyeuse troupe prend le chemin de la grotte, chemin principalement tracé dans un bois où les buis ont, pour l’instant, échappé à la pyrale ravageuse. Une dernière bosse et le trou de la grotte apparaît au fond d’une petite dépression.

Une appréhension bien normale gagne alors quelques enfants… Le petit Florient, haut comme 3 pommes, rechigne à poursuivre. Les paroles et gestes rassurants des adultes sont alors nécessaires. Quelques derniers petits conseils de sécurité proférés par Philippe et le groupe s’engage frontale allumée dans la grotte : un adulte, un enfant, un adulte, un… . L’itinéraire est tracé dans des éboulis secs descendants. Il faut déjà un peu se courber, baisser la tête à certains endroits. Une première salle apparaît et favorise un premier regroupement. L’itinéraire s’ « humidifie » progressivement, quelques flaques apparaissent même mais l’eau est tellement claire qu’on la devine à peine. Et « floc », un pied dedans !
Une petite pause avant la « chatière » ; il faut alors se mettre à 4 pattes pour franchir ces quelques mètres. Les enfants s’habituent progressivement au milieu, les craintes s’estompent. Nous n’entendons plus Florient maintenant à l’aise ! Des plaisanteries, des taquineries fusent et contribuent à détendre encore un peu plus l’atmosphère. Plus loin, les salles se succèdent avec de belles concrétions qui semblent faire office de pilier de la voûte, elle –même joliment décorée de draperies ou de « macaronis ».

Nous arrivons au fond de la grotte où Philippe fait éteindre les lampes. Nous ne voyons même plus nos mains. Le noir est ici absolu ! Philippe demande aussi le silence juste troublé par les gouttes d’eau qui tombent d’on ne sait où depuis des millions d’années. Vie éphémère de l’Homme dans cette immense horloge du temps !
Il faut maintenant remonter et, pour ce faire, Philippe choisit une petite variante. Une ultime halte pour repérer une faible lueur indiquant la sortie. Déjà ! Les derniers mètres sont vite escaladés. Dans ce sens, nous distinguons mieux les gongs d’une ancienne porte qui fermait l’entée de la grotte pendant la deuxième guerre alors qu’elle servait de « cache » à matériels et munitions.
Le soleil décline mais est encore là, les mines sont joyeuses, maintenant complètement rassurées. Les dernières photos, une petite collation, la descente du bois de buis, le déséquipement des enfants au Centre...
Que le temps a passé vite ! Encore une bonne aventure pour les gamins … et les adultes !

Une belle sortie spéléo avec une pensée toute particulière à notre compagnon/ vétéran Jean LAVIGNE, un grand spécialiste de ces milieux souterrains qui nous a quittés en cours d’année.

Salut Jean, merci Philippe et à tous ! A bientôt les enfants !

NB : - renfort apprécié d’un « autre Philippe », encore en activité ; merci à la CRS des Alpes !
- La qualité des installations et de l’accueil du gérant du Centre « la Matrassière » fait que la prochaine « nuit en refuge hivernal » se déroulera à partir de cette structure.

Voir l'article du D.L.