Hommage posthume
Son nom revient souvent dans les comptes-rendus de secours ou dans divers articles de la SDSM des années 1945/50… Au sein du CDSM*, dès 1921, Jules, alpiniste polyvalent, participe aux interventions d’avant-guerre, en acquiert une certaine expérience et notoriété. En 1935, nommé « commissaire général »à la SDSM, il fait partie de la Commission Technique. Vers 1950, âgé alors d’une soixantaine d’années, il ne va plus tellement en opération mais devient la « cheville ouvrière », au sens noble du terme, de notre Association.
En effet en tant que commerçant au 10 rue Brocherie, il est équipé du téléphone, moyen de communication particulièrement rare (donc précieux). Au cœur de GRENOBLE, il peut donc recevoir les es, les transmettre et organiser les caravanes de secours. Rappelons qu’à cette époque, le Commissariat de Police participe parfois à cette chaîne de la transmission d’e, prioritairement aux personnes désignées dans le « tour de permanence ». Les SDSM sollicités se regroupent alors au Syndicat d’Initiative, devant l’Eglise St Louis. Le gars d’astreinte a la clé lui permettant d’accéder au matériel de secours et au téléphone de l’établissement. Une fois organisés, équipés, les SDSM partent alors en opération soit avec le car Ricou ou la traction de Baby BARNAUD.
Jules est bien l’Homme du dimanche soir !
René GLENAT précise : « Dans une hâte bien ordonnée, les commissaires préparaient le matériel, établissaient les plans de marche, des listes destinées aux assurances, .. »
Jules est aussi « bottier ». Son savoir- faire professionnel est bien utile aux montagnards grenoblois pour le ressemelage d’une paire de chaussures ou le rapiéçage d’une autre. Il en profite même pour attirer, recruter ceux qui lui paraissent les plus « opérationnels ». Sa boutique est le lieu de rendez-vous, la « popotte » des sauveteurs qui s’y sentent bien, en milieu connu, presque comme dans un refuge. Ils y évoquent les sauvetages et plus largement les nouvelles de la montagne et des fonds de vallée.
Le « petit père Chara », comme ses compagnons aiment l’appeler familièrement, est titulaire de nombreuses décorations comme la « Citation à l’ordre du Régiment » (1918 ), la médaille d’Or de l’Education Physique et des sports (1937), la Légion d’Honneur (1954).
Dans les archives de Félix GERMAIN, sur une demande de décoration, quelques lignes résument sa personnalité : « A rendu et rend encore, à la cause du Secours en Montagne, les plus signalés services, soit d’abord comme sauveteur, en contribuant à de très nombreuses actions de secours, soit ensuite comme dirigeant de la SDSM dont il est l’infatigable Commissaire Général depuis 1935, mettant sur pieds, conseillant, encourageant des dizaines de caravanes et payant sans cesse de sa personne.
A été et reste un modèle de dévouement à la cause du Secours alpin et un exemple vivant pour tous les sauveteurs dauphinois
».
Sans descendance connue, né le 19 novembre 1890 à MONESTIER de CLERMONT, il était un homme modeste et généreux qui aimait et défendait toujours « ses » sauveteurs.
Jules CHARAMATHIEU est décédé en juillet 1959.

Notes :* « Comité Dauphinois Secours en Montagne » transformé en Société Dauphinoise de Secours en Montagne en 1935.
- Se reporter éventuellement à « L’aventure de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne »de René GLENAT, p 53 et suivantes.

Le 10 rue Brocherie a aujourd'hui changé de destination...