LA GROTTE ROCHE (16 novembre 2011) - Dissimulée juste en dessous de la route des Gorges de la Bourne, la " Grotte Roche " avait déjà été visitée il y a 2 ans par les ados du Pôle Enfance Centre Isère. Il ne s'agissait alors que de la première partie se présentant comme une vaste caverne relativement accessible.
Cette année, le projet était bien plus audacieux car il consistait à visiter un boyau récemment découvert prenant naissance au fond de cette même caverne.
Une dizaine d'enfants, leurs éducateurs et la S.D.S.M. s'étaient donnés rendez-vous pour cette aventure souterraine, guidée par Philippe CHARRETON, moniteur spéléo à la C.R.S. des Alpes. Qui de mieux que lui pouvait le faire car c'est Philippe avec quelques copains qui a découvert il y a quatre ans ce nouveau réseau.
Les enfants se sont fait rapidement équiper de tenue appropriée avant de s'enfoncer dans la grotte relativement plus accueillante compte tenu de la fraâcheur matinale extérieure. Le fond de la première partie est rapidement atteint. Il fait ici meilleur et c'est là qu'une solide collation est prise avant d'attaquer cette fameuse deuxième partie.
Sans être difficile, les passages sont effectivement plus " sportifs ". D'abord une chatière montante dominée par une chute d'eau qui éclabousse les jambes à la sortie, une petite salle, puis de nouveau un quatre-pattes. Un des passages-clé est le franchissement d'une diaclase descendante nécessitant une progression dite " à l'Egyptienne ". Cet obstacle se présentant comme une grande fente quasi verticale d'une quinzaine de mètres de longueur ne comporte vraiment aucun risque car la chute est ici impossible. La difficulté réside dans la gestion du stress tellement les parois semblent étreindre le visiteur de tous côtés. Une autre petite salle avec ses ourlets sculptés au plafond par les eaux, il y a des millénaires !! Encore du quatre-pattes, on se faufile comme on peut, se contorsionne dans ce dédale, ça passe ! Les commentaires des enfants vont bon train : " c'est trop bien ! " ça monte, ça descend, ça glisse " Hé, papy ! On passe par ou ? ". Philippe fait quelques secondes éteindre les frontales, taire (difficilement.. !) les rires des enfants pour écouter le silence des entrailles de la terre à peine troublé par un clapotis de gouttelettes d'eaux tombant d'on ne sait ou. Ambiance garantie.
Au bout de la progression, nous arrivons dans une grande salle haute de près de quarante mètres ou les concrétions de calcites foisonnent par terre autour des " gourds " alimentés par un ruisselet. Un itinéraire tracé canalise les visiteurs pour éviter toutes détériorations. Au milieu de la salle, des stalagmites nous attendent, immobiles, depuis des lustres, tandis qu'une partie des parois est tapissée de draperies, de stalactites ou autres fistuleuses. Superbe !
Là s'arrête notre progression souterraine. Un dernier commentaire de Philippe, le timing est plus que correct mais la continuité de ce réseau garde son mystère pour quelques temps encore.
Le retour se fait évidemment par le même itinéraire, dans les mêmes conditions. Tient, une chauve-souris, sentinelle pendue au plafond, observe nos mouvements, écoute nos élucubrations ! Bizarrement ce milieu pourtant hostile devient familier aux enfants au point que la lueur de la sortie apparaât soudain presque trop tôt !
Retour sur la route, déséquipement des enfants, montée dans les véhicules. Un peu de fatigue, les yeux écarquillés, quelques traces de boue, tout va bien ! Merci Philippe ! À l'année prochaine au mois d'avril pour d'autres sensations fortes !
Et les adultes unanimes : " Bravo les enfants ! Merci surtout à vous ! Quelle volonté ! "