Sassenage - le 25 avril 2012
Les dernières chutes de neige compliquant l'accès à la "Grotte de la Ture" à AUTRANS, Philippe prend la sage décision d'orienter la sortie spéléo aux "Cuves de Sassenage". Bien sûr, tout le monde connaât, évidemment, c'est tellement "à côté de chez nous" ! En fait, comme souvent c'est le cas, peu de personnes présentes ont fréquenté cette cavité ou alors dans un passé tellement lointain que...

Philippe CHARRETON, notre habituel et généreux Moniteur Spéléo de la C.R.S. des Alpes, la connaât lui parfaitement pour la fréquenter régulièrement dans tous ses méandres. Aussi c'est en toute confiance qu'après l'indispensable séance équipement le petit groupe de sept gamins prennent la direction de la cavité, tout "encombinaisonné", casque sur la tête. Le chemin d'accès agréable, bien tracé au dessus des eaux du Furon, mène rapidement à l'entrée de la grotte. Les choses séreuses peuvent commencer.

La température ambiante (12°) de la grotte est sensiblement la même qu'à l'extérieur mais après le bruit de l'agglomération toute proche, le silence nous envahit de suite, silence très vite troublé par le bruit de l'eau, plus ou moins fort, qui sera présent tout au long de cette rando sous-terraine. Le sentier aménagé et un éclairage discret facilitent la progression même s'il faut baisser la tête quelques fois, assurer ses prises de pieds car l'eau est maintenant partout et les bottes bien utiles. Plus que les flots tumultueux, à côté, dessous, c'est le bruit qui ici est assourdissant. Le Germe est maâtre des lieux, ses eaux jaillissent de nulle part, fusent, tournent, bouillonnent et s'engouffrent aussitôt on ne sait ou. Impressionnant !

Plus loin, l'ambiance est plus calme dans cette salle dite des "cataplanades" mais les chauves-souris ont désormais déserté cet espace ou se déroule parfois un spectacle son et lumière lors de la saison estivale. Nous passons la "galerie des enfers" ou, selon la légende, les larmes de la fée Mélusine se sont cristallisées en pierre aux vertus ophtalmiques. En fait se sont des petits galets de silex prisonniers du calcaire sénonien.

Plus loin, nous admirons les concrétions de la salle St Bruno. La fée Mélusine est toujours présente dans une autre salle ou, avec beaucoup d'imagination, on distingue le profil de son visage. Elle y aurait même oublié son chapeau !

Nous arrivons au bout de la partie ouverte au public et, devant le volontarisme des gamins, choisissons de poursuivre notre progression. Là, plus d'aménagement, plus de lumière et les frontales sont indispensables. Le franchissement des blocs est plus compliqué, c'est aussi plus sauvage, les concrétions, stalactites et fistuleuses sont plus nombreuses, certaines d'une fragilité extrême. Un autre bruit sur notre gauche ; c'est une "perte" du Furon ! précise Philippe. Il est plus de midi et nous arrivons au terme de notre visite.

Tout au long du trajet retour, comme à celui de l'aller, Philippe aidé de son collègue Philippe GUICHARD agrémente utilement la progression d'anecdotes ou de données plus techniques concernant la spéléologie en générale et cette cavité en particulier. Les enfants lui en seront reconnaissants en lui réservant un applaudissement particulièrement touchant avant de prendre le pique-nique bien mérité à la sortie de la grotte. Ils ont voulu lui dire à leur façon ; "à l'année prochaine, Philippe !" Même si normalement, il part à la retraite !

Nous, les éducateurs et les accompagnants SDSM, avons vu sept mines émerveillées dans une des "sept merveilles du Dauphiné". Que demander de plus !